Théâtre : TMC s'offre Chevallier et Laspalès

Le Mag • Le 05/07/2008 par Isabelle Mermin et Marie Gerhardy
Théâtre : TMC s'offre Chevallier et Laspalès

Le théâtre fait son entrée sur TMC avec Le Banc, une pièce sur les relations d'un duo de pianistes interprété par Régis Laspalès et Philippe Chevallier. Ce dernier, le clown blanc du tandem d'humoristes, parle en leur nom.

Vous avez débuté au Petit théâtre de Bouvard, que pensez-vous des pièces captées pour la télévision ?
Philippe Chevallier : Dans l'absolu, rien ne vaut le théâtre vivant, dans une salle. Mais les réalisateurs ont fait d'énormes progrès. Une large diffusion est toujours positive, notamment pour les provinciaux. Enfin, le théâtre n'est plus éphémère: il nous reste Louis Jouvet au cinéma mais rien du Jouvet sur scène.

Que pensez-vous des montages de France 2, qui filme les coulisses ?
Filmer l'envers du décor peut être amusant par petites touches, mais le théâtre doit conserver sa magie. Les bonus ont plus de sens au cinéma.

Quand la captation du «Banc» a-t-elle eu lieu ?
Lors de la dernière représentation à la Gaîté Montparnasse à Paris. Le texte de Gérald Sibleyras est poétique, surréaliste, très drôle et rempli de consonnes difficiles à mâcher, on est obligé de mordre dedans. Dans cette pièce, l'enfer c'est l'autre!

En effet, la relation entre les deux pianistes s'envenime. Après vingt-six ans de vie artistique avec Régis Laspalès, avez-vous vécu cette situation ?
Nous sommes très proches, très liés, on ne peut pas faire autrement: 95 % de notre vie artistique est commune! Nous avons été séparés six mois quand Régis a joué «Landru», à Marigny, et moi «Ce soir ou jamais», avec Alice Dona. C'était une respiration, pas une nécessité. Nous avons la même stratégie et, s'il nous arrive de nous disputer, c'est sans confrontation.

Quels sont vos projets ?
Nous allons tourner pour France 2 des oeuvres classiques: je vais jouer dans «La Cagnotte», un Labiche, avec Eddy Mitchell; Régis tournera un roman de Balzac aux côtés d'Évelyne Bouix. Enfin, nous envisageons d'écrire ensemble le scénario d'un film comique.

Propos recueillis par Isabelle Mermin

 

TVmag.com a vu  Le banc pour vous

TMC diffusera le 5 juillet à 20h45 la seule captation de la pièce Le banc qui a été interprétée magistralement par le duo comique Chevallier/Laspalès durant deux mois au théâtre Montparnasse.

Nous voilà donc avec Paul et Vladimir, deux pianistes virtuoses qui jouent un répertoire à quatre mains depuis vingt ans. Isolés dans un chalet à la frontière de l'Autriche et de l'Italie, ils sont censés travailler leur prochaine tournée au Japon. Mais Paul découvre une interview de Vladimir... Il y voit un crime de "lèse-fraternité". Le doute s'insinue, et de reproches en explications, les rancoeurs accumulées depuis des années éclatent.

Ce scénario quasiment écrit sur mesure par Gérald Sibleyras colle incroyablement et paradoxalement à la signature artistique du couple Chevallier/Laspalès. Les questions posées par les deux protagonistes et cette initiation à l'indépendance ont sans doute déjà été expérimentées par les deux acteurs qui ne se sont plus quittés depuis leur début dans Pas de fantaisie dans l'orangeade en 1982. Comment s'affirmer quand on a toujours tout construit à deux ? L'un des personnages s'appelle d'ailleurs Vladimir : doit-on y voir une allusion à la pièce de Beckett En attendant Godot ? Encore une histoire de duo condamné à regarder passer leur vie, incapable d'exister l'un sans l'autre.

Forts de ce vécu, Chevallier et Laspalès restent crédibles en abandonnant leurs personnages comiques pour un travail d'acteur plus subtil et plus individuel. Nos duettistes sont habitués à la légèreté et à l'humour caustique. Les rires qui fusent du public dès que les voix si typiques des comédiens s'élèvent le prouvent ! Mais malgré quelques moments d'humour piquant et bien senti, le thème de la pièce reste les difficultés de la communication. Alors qu'il a souvent été dit que Laspalès était incapable de progresser et de sortir du registre comique, il nous épate ici avec quelques moments d'émotion d'une justesse confondante.

 

Cette pièce ironique dresse un portrait efficace des petites mesquineries quotidiennes. Elle montre aussi un univers absurde, voire fantastique dans lequel on n'attendait pas Chevallier et Laspalès : le banc sur lequel ils répètent rétrécit et ils entendent la musique du compositeur décédé Rostropovitch.

 

Christophe Lidon s'est servi intelligemment de la complicité entre les deux acteurs pour les diriger dans sa mise en scène. L'opposition entre Paul et Vladimir fait écho à celle entre l'espace du banc, restreint et fermé, et celui de la montagne, infini et ouvert, tous deux sublimés par les décors de Sophie Jacob et les lumières de Marie-Hélène Pinon.

 

Marie Gerhardy

 

         

Vos réactions

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Jean Michel  [09/09/2008 22:13]
Excellent

Enfin un article intéressant sur ce site. Pas assez développé cela dit. On aimerait en savoir plus.

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