
Si la médaille de l'audience était décernée en France, nul doute qu'ils l'auraient emportée haut la main. Six semaines durant, ils ont réuni 12 millions de téléspectateurs, parfois 13, avec Dolmen. Ingrid Chauvin et Bruno Madinier ont été l'arme de séduction massive de l'Audimat. TF1 n'a pourtant jamais réitéré l'exploit, ni avec eux ni avec d'autres - et ce n'est pas faute d'avoir essayé.
"La Main Blanche, c'est la première proposition depuis Dolmen"
Aujourd'hui, ils reviennent, comme auréolés par ce succès. Sereins, ils se retrouvent pour incarner les héros d'une série prestige, La Main blanche. TF1 a enfin rappelé son duo porte-bonheur, son grigri de l'audience ! « On se demande pourquoi on ne nous a pas réunis avant... », s'interroge, sur le tournage, Bruno Madinier. Ingrid Chauvin est au diapason : « On s'est posé la question, c'est vrai. La Main blanche, c'est la première proposition depuis Dolmen ! »
En quatre volets, cette série prestige ne plante pas son décor au milieu des menhirs, mais au cœur des marais salants de Guérande. Une main centenaire est retrouvée intacte dans le sel. Son retour à la surface déclenche une vague d'enlèvements de jeunes femmes... « Il y a des correspondances avec Dolmen, anticipe Bruno Madinier, car l'intrigue est mystérieuse et violente, mais contrairement à la saga, il n'y a pas de surnaturel. L'histoire est plausible. Et nos personnages sont très différents : dans Dolmen j'étais comme un zébulon qui entrait dans la vie d'Ingrid et dans son île. Là, c'est le contraire. Les événements se produisent dans la région de mon personnage : c'est elle qui vient vers moi. Je suis un flic local dépêché sur l'affaire et j'ai besoin d'une anthropologue. » Et Ingrid d'ajouter : « Tout cela est ficelé par la relation amoureuse entre eux deux, très présente, mais pudique. Presque grave. Il n'y pas de jeu de séduction humoristique comme il y avait entre Marie Kermeur et Lucas Fersen ». « Du coup, renchérit Bruno, notre relation est plus dense, peut-être plus mature. Ils ont peur de s'avouer leur amour. C'est vraiment un thriller romantique... »
Avec gourmandise, l'actrice confie qu'ils ont même demandé à l'auteur de rendre l'histoire d'amour encore plus puissante.
Car, noyé dans l'intrigue complexe de Dolmen, leur couple à l'écran n'était pas toujours éclatant. Là, TF1 mise vraiment sur leur duo d'amoureux. Rien de plus aisé pour ces deux-là, qui, dans la vraie vie, s'aiment d'amitié. Bruno Madinier ne cache pas sa satisfaction : « Cela nous donne des envies de tourner ensemble d'autres histoires... Nous creusons les sillons sur lesquels on a bien labouré. Il manque à la télé des projets phares comme Dolmen. On sent bien quand les gens nous voient ensemble sur le tournage, l'effet que ça leur fait. L'impact est très fort. On nous dit : "Si c'est vous les héros, on regardera !... Vraiment, on espérait faire la suite de Dolmen, on n'a pas compris..."
L'actrice acquiesce : « Ils auraient dû -le jouer- à l'américaine : tourner Dolmen 2 dans la foulée ! Tant que c'était chaud. Comme le dit Bruno, on aurait fait un raz-de-marée semblable aux USA, la chaîne ne se serait pas posé de question, ils auraient mis dix scénaristes sur le coup. »
Deux acteurs plus complices que jamais
Mais peu importe le passé, semblent-ils s'échanger dans leurs sourires complices, le présent est bien plus gratifiant. « On est heureux. Entre nous tout est une évidence » confirme la comédienne. « Sur Dolmen, Ingrid avait une grosse pression, là, je trouve qu'elle s'est magnifiée. Elle est plus détendue, plus belle - elle dégage ! Du coup, son jeu est touchant. » Il faut dire qu'Ingrid se sent comme à la maison à Guérande : « Mes grands-parents y vivent depuis dix ans, ils viennent me voir tous les jours ! Il y a même ta photo dans le salon, Bruno ! J'ai de la chance, ils m'ont fait de petits plats tous les soirs. »
Si Ingrid s'est épanouie, relaxée, Bruno, lui, ne trouve pas le sommeil ! « Quand un projet me plaît, je suis trop excité, je ne dors pas. Alors je regarde les DVD. J'en profite pour peaufiner mon personnage en regardant des films qui m'inspirent. Là, je suis branché sur les polars de Michael Mann (Collateral). Pour le tournage des Marmottes, je regardais les films avec Patrick Dewaere. Pour Le Sanglot des anges, c'était les Bacri. Là, pour La Main blanche, ce sont les Al Pacino [Ingrid éclate de rire]. Attends, je ne me compare pas, je m'inspire ! » Et question inspiration, Bruno Madinier a déjà trouvé sa muse...
*Réalisé par Dennis Berry, produit par Jean-Pierre Dusséaux et écrit par Anthony Maugendre
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