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Laure Manaudou s'est livrée à TV Mag. Après le battage médiatique dont elle a fait l'objet, la jeune femme, médaillée en natation aux jeux Olympiques de 2004, retrouve goût à la vie aux États-Unis, où elle a suivi son petit ami. Elle dit tout sur les raisons de son exil, ses blessures, ses amours, ses projets...
Comment se passe votre nouvelle vie aux États-Unis ?
Laure Manaudou : C'est une vie plutôt calme. À l'abri des regards. J'habite une petite ville où j'ai retrouvé l'anonymat. J'y suis bien avec mon copain. Loin des bassins, j'ai l'impression de revivre. Je prends des cours d'anglais, je fais du sport, mais plus de natation. Cela ne me manque pas !
S'exiler n'est jamais facile. Pourquoi avoir pris cette décision ?
Je voulais suivre mon compagnon [Frédérick Bousquet, recordman de France des 50 m et 100 m papillon], et surtout rompre avec toute cette agitation autour de moi. J'avais envie de me ressourcer, de connaître autre chose que la natation. Cela me fait du bien d'être loin de ce milieu et des journalistes sportifs qui s'acharnaient sur moi. C'est pour ça que je suis partie. Pour oublier.
Le regard des autres vous gêne à ce point ?
Je suis quelqu'un de très timide, je n'ai pas envie de me faire remarquer. Et c'est tout le contraire qui s'est produit ! La pression a été trop forte, je n'arrivais plus à la supporter. Pas forcément celle du public : je peux comprendre que les gens me reconnaissent dans la rue, me sourient, essaient de m'aborder. C'est plutôt gentil et j'espère que cela va encore durer quelque temps. J'ai conscience qu'il y a d'autres sportifs qui arrivent...
Alors, à qui en voulez-vous ?
J'en veux à certains de vos confrères de la presse sportive. Je ne dis pas lesquels, ils se reconnaîtront. J'ai eu et j'ai toujours beaucoup de mal à accepter qu'ils évoquent ma vie privée. Ça n'a rien à voir avec mes résultats sportifs !
Vous ne pouvez quand même pas nier que vous faites partie des people...
Je comprends - même si je ne l'approuve pas - que la presse people s'intéresse à ma vie privée. Mais pas la presse sportive ! Et ça continue encore aujourd'hui : pour eux, Frédérick Bousquet est d'abord le copain de Laure Manaudou avant d'être un champion. Ça m'a fait beaucoup de mal. C'est pour ça que je suis partie, que j'ai arrêté la natation.
Allez-vous revenir sur cette décision ?
Pour l'instant, il n'en est pas question. J'ai consacré dix-sept ans de mon existence à la compétition. J'ai maintenant envie de vivre autre chose. Je pense à me détendre, à retrouver le plaisir de faire du sport. À retrouver l'envie aussi...
Vous n'avez tout de même pas complètement délaissé les bassins. Récemment, vous étiez à Montpellier...
Bien sûr, je m'intéresse toujours aux performances des nageurs. Je suis dans le bain depuis l'âge de 12 ans, alors ça laisse des traces...
Où en sont vos relations avec Philippe Lucas ?
Retravailler avec lui n'est pas possible pour les raisons que j'ai déjà expliquées. En revanche, je m'entends bien avec lui, même si nous n'avons plus les mêmes rapports. C'est bien comme ça.
Que pensez-vous de la polémique autour des combinaisons ?
Je trouve normal que les nageurs puissent bénéficier des nouvelles technologies pour améliorer leurs chronos. C'est le cas pour d'autres sports, alors pourquoi pas la natation ? Le problème, c'est le flou entretenu autour de ces combinaisons, ce qui prive les nageurs de savourer leurs performances.
Vous aviez refusé d'enfiler une de ces combinaisons...
Pour rester fidèle à mon sponsor. Et, une fois de plus, des journalistes me sont tombés dessus, disant que je n'étais pas bien dans ma tête. Ça non plus, je ne l'ai pas accepté !
Votre meilleur souvenir ?
Logiquement, ce devrait être mon titre olympique en 2004, mais j'ai tellement de bons souvenirs qu'il m'est difficile de choisir. Les Championnats du monde de Melbourne et ma sélection pour Budapest sont tout aussi formidables.
Le pire, alors ?
Les atteintes à ma vie privée ! Ça m'a marquée.
Avez-vous déjà pensé à votre reconversion ?
Pour l'instant, non. Je ne connais pas d'autre milieu que la natation. J'ai arrêté mes études en seconde pour m'y consacrer entièrement. Tous les jours, je me levais à 6 heures du matin, je nageais pendant six heures et je pratiquais une heure de musculation. Aujourd'hui, je ne sais pas trop ce que je suis capable de faire. Ni ce dont j'ai envie... Si je réfléchis à ce que je veux faire, je n'ai pas de réponse.
Votre expérience d'actrice dans un film et une publicité vous donne-t-elle envie de persévérer ?
C'est une expérience très intéressante et enrichissante. Toutefois, je ne pense pas que je pourrais faire ça toute ma vie. Il faut se montrer patient, et ce n'est pas la première de mes qualités ! En tout cas, ça m'a plu.
Êtes-vous tentée par la télévision ?
Je réfléchis à des projets avec mon avocat. Il est encore trop tôt pour en parler.
Aimeriez-vous devenir consultante pour une chaîne de télévision ?
J'ai eu des propositions de RTL et de France 2, notamment pour les Championnats du monde de Rome. Mais j'ai envie d'y aller pour moi, pour profiter de la compétition. Et puis, je ne veux pas être cataloguée comme celle qui arrête la natation, mais ne peut s'en détacher.
Vous regardez le sport à la télé ?
Pas vraiment. Vu le temps que j'ai consacré au sport dans ma vie, je n'ai pas forcément envie de m'y replonger devant ma télé. Non, franchement, cela ne m'attire pas. (Rires.)
Avez-vous une animatrice ou un animateur préférés ?
Je suis ouverte à tout le monde ! Ah si, j'aime bien Nikos. Il est agréable à regarder et sympathique. Quand je le vois, j'ai tendance à m'arrêter sur lui.
Quelles sont les émissions que vous détestez ?
Les magazines ou les débats politiques. Je n'y comprends rien. Dès que je tombe dessus, je zappe !
Êtes-vous fan de séries ?
J'adore ! Desperate Housewives, Docteur House, Les Experts : il y en a tellement ! C'est d'ailleurs mon problème. Il y a trop de choix et je n'arrive pas à les finir. Depuis que je suis aux États-Unis, j'en profite encore plus, en VO cette fois. Ça, c'est très agréable.
Envisagez-vous de revenir en France ?
Pour l'instant, non. Je me sens bien là-bas, loin de toute pression. Je ne me sens pas encore prête à affronter les gens dans la rue. Tous les jours, c'est difficile.
Vous êtes aussi engagée auprès d'une association caritative...
Je suis la marraine de Magie à l'hôpital, une association qui réalise bénévolement des spectacles de magie pour les enfants hospitalisés. Redonner le sourire à ces enfants est bouleversant. Si je le pouvais, j'irais tous les jours. Le lien avec les enfants est quelque chose que j'aime beaucoup. Ma mère était nourrice, j'ai toujours vécu entourée d'enfants.
Vous rêvez d'en avoir ?
Tout le monde me pose cette question ! Ce n'est pas d'actualité pour l'instant. Vous voulez un scoop ? Je ne suis pas enceinte ! (Rires.)
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