
Elles s'appellent Tonya, Adeline, Bénédicte. Il y a onze ans, elles étaient des inconnues ou presque. Aujourd'hui, grâce à la série Sous le soleil, elles sont des vedettes dans le monde entier. Maintenant que la série s'est arrêtée, elles abordent avec sérénité une nouvelle vie et une nouvelle carrière. Optant pour la réalisation, l'écriture ou la comédie.
Une histoire varoise en 464 épisodes
Au printemps dernier, TF1 avait prévenu la production Marathon. L'audience de Sous le soleil s'essoufflant (légèrement certes), la chaîne préférait suspendre le tournage. D'ailleurs avec trente épisodes inédits en stock, elle avait un an pour voir venir. Et relancer la machine si besoin était. En juin dernier, le 464e épisode bouclé, la troupe a donc dit adieu à Saint-Tropez et s'est séparée. Chacun s'en est allé vers de nouvelles destinées, bien conscient que même s'il y avait une suite un jour, ce ne serait jamais plus comme avant.
L'aventure aura, en tout cas, été fort belle. Dès le début, Sous le soleil a cassé la baraque. Des millions de téléspectateurs ont vite été séduits par les décors naturels varois et le charme rafraîchissant de ses interprètes. Bientôt rejoints par des millions de fans étrangers, Olivier Brémond et Pascal Breton, les créateurs de la série, l'ayant vendu à plus de cent pays où on l'appelait Saint-Tropez. Cela dura onze ans ! Une réussite et une longévité uniques dans le PAF, puisque la production hexagonale, à de rares exceptions, ne se révèle pas très commerciale.
Bénédicte Delmas, réalisatrice à Marseille
En peu de temps, les filles presque inconnues (la petite basque Bénédicte Delmas était mannequin chez Chanel, Adeline devait sa notoriété à son mariage romantique avec Johnny Hallyday, et Tonya Kinzinger avait montré ses talents de danseuse dans un film avec Alain Delon) étaient devenues des vedettes internationales.
Et aujourd'hui, que font-elles ? Bénédicte Delmas, qui avait déjà réalisé plusieurs épisodes de Sous le soleil, n'a pas quitté le Midi ni la caméra. Elle tourne à présent des épisodes de Plus belle la vie à Marseille.
Tonya Kinzinger : nostalgique et positive
Tonya explique que « lorsqu'on [lui] a appris la fin prochaine de la série, ce fut une surprise. Franchement, personne ne s'y attendait. Quelques mois auparavant, on nous disait que ça allait durer jusqu'en 2009... ». Elle a d'abord été très nostalgique : difficile d'oublier son héroïne, Jessica, avec qui elle a vécu tant de situations différentes (« Cela n'arrive pas tous les jours d'avoir un personnage si riche à jouer. J'ai eu beaucoup de chance. »). Difficile également d'oublier une équipe avec qui elle a travaillé et vécu onze ans (« C'était comme un huis clos de 100 personnes, car en hiver, Saint-Tropez est déserté, il n'y avait que nous. Ne plus les revoir, comme ma maquilleuse, dont j'étais très proche, c'est ce qui me perturbe le plus. »).
Mais une autre part d'elle-même se réjouit de la situation : « Je vais enfin pouvoir profiter de mon fils (8 ans) et de mon mari, Bernard. On a le temps de se promener en amoureux dans Paris. Cela nous fait bizarre. » Elle a aussi envie de faire du théâtre. « Une sorte de comédie musicale intime », précise l'ancienne danseuse, qui se souvient de ses débuts avec Alain Delon dans Dancing Machine. « J'adorerais le revoir un jour. Je lui suis tellement reconnaissante. »
Cet été, elle a déjà tourné une comédie de Jérôme L'Hotsky intitulée Fool Moon. « Cela se passait dans la forêt, la nuit en Bretagne, et il ne faisait pas chaud. Mais là, contrairement à Sous le soleil, j'étais bien habillée... » Et bien loin de Saint-Tropez, où pour le moment elle ne veut plus retourner. « Dans quelques années, peut-être... »
Adeline Blondieau : l'écriture avant tout
Partie en décembre 2006, parce qu'elle avait envie de passer à autre chose et qu'elle voulait voir davantage son fils (4 ans et demi), Adeline Blondiau n'a pas été particulièrement émue par l'arrêt de la série. « Je me suis dit que j'étais partie au bon moment. Et puis, les amis que je me suis fait sur le tournage, je continue à les voir ailleurs », raconte-t-elle. Elle est restée notamment très liée avec Bénédicte et Tonya. La comédienne, qui a créé sa boîte de production, A2L1, se consacre désormais à l'écriture. Ayant déjà signé plusieurs scénarios de Sous le soleil, elle achève à présent deux albums de bande dessinée qui s'ajouteront aux quatre déjà publiés (Éditions Bambou). Elle finit d'écrire une pièce de théâtre dans laquelle elle jouera en juin, prépare un livre pour enfants sur la tolérance et planche sur différents scénarios de fiction. « Jouer à nouveau dans un film ou une série ne me semble pas prioritaire. Je veux terminer d'abord ce que j'ai entrepris », explique Adeline. Saint-Tropez ? « Cela ne me manque pas. J'ai toujours préféré les coins sauvages et éloignés que l'on visite avec un sac à dos. En Thaïlande, en Mongolie ou au Canada... »
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